Témoignage de Mireille Bichaud, coach certifié, membre du réseau Agréâge.
L’entrée dans la vieillesse est un naufrage pour certains, un bonheur pour d’autres.
Pendant l’année scolaire 2018/2019, j’ai effectué une quarantaine de coachings avec des personnes « du Bel âge », 60 ans et au-delà.
Le coaching, cette approche multiforme des problématiques, aux accents anglosaxons, était traditionnellement réservée au monde de l’entreprise, d’abord des managers, puis des équipes. Elle s’est enfin ouverte à tous en proposant des coachings de vie.
A l’heure de la retraite, j’ai eu envie de la proposer aux seniors. Je pourrais paraphraser l’écrivaine Benoite GROULT : « Le problème, c’est que pour écrire valablement sur la vieillesse, il faut être entré en vieillesse. Mais, dans ce cas, elle est aussi entrée en vous et vous rend peu à peu incapable de l’appréhender. On ne saurait traiter du sujet que suffisamment âgé…on n’est capable d’en parler que si toute jeunesse n’est pas morte en soi”.

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Pourquoi suivre un coaching-seniors ?
Les personnes s’inscrivaient à l’atelier- coaching « par curiosité » me disaient-elles souvent.
Dans ces belles structures ouvertes à tous que sont les « Maisons du Bel ÂGE » créées par le Conseil Départemental des Bouches du Rhône, je voisinais avec les cours de yoga sur chaise, le tricot, les jeux de société ou l’informatique.
Pas facile d’expliquer le coaching…
“Chic des conseils” me disaient certains. Non, ces ateliers ne servent pas à donner des conseils.
Une formation ? Une aide ? Oui, certainement.
« On en parle beaucoup dans le sport » me disait-on. Oui… mais la vieillesse n’est-elle pas un sport de combat ?
Un guidage, répondais-je parfois. Rapportant que, selon moi, les anglo-saxons qui ont mis le coaching à la mode, n’hésitaient pas à se faire guider pour toutes sortes d’activités… « Vous ne savez pas vraiment comment lever vos bras ? – un coach pourra vous aider” à peine caricatural !!
Détendons-nous un peu ! 2020 est arrivé avec son cortège de difficultés liées à la crise sanitaire. 2021 a pointé le bout de son nez, masqué forcément, et les très nombreux baby-boomers, à présent papy and mamy boomers, rencontrent toutes sortes de difficultés.
Ce temps devant nous, comment l’occuper ?
Comment rester en forme ou faire face à la maladie ?
Les relations humaines, même réduites, comment les maintenir ?
Les décisions à prendre, comment garder son autonomie voire son indépendance ?
Continuer à exprimer ses émotions, sans fard, ses préférences et ses choix, sans tyrannie pour autant etc.
Je pourrais allonger la liste des sujets, et vous dire aussi qu’il y a de beaux moments de convivialité qui reviendront, et qui peuvent soigner la solitude et l’isolement comme ce pique-nique qui a clôturé l’expérience dans ces Maisons du Bel Âge.

” Pour écrire valablement sur la vieillesse, il faut être rentré en vieillesse. Mais, dans ce cas, elle est aussi entrée en vous et vous rend peu à peu incapable de l’appréhender. On ne saurait traiter du sujet que suffisamment âgé… On n’est capable d’en parler que si toute jeunesse n’est pas morte en soi. »
Benoite Groult, in La Touche étoile
Pour prolonger la réflexion :
- Deux Romans : « L’été où je suis devenue vieille » d’Isabelle de Courtivron et « La voyageuse de nuit » de Laure Adler
- un essai : Pascal Bruckner renverse le tabou de la longévité.
- une étude des petits frères des Pauvres sur la solitude des ainés et une prise de position contre un confinement social.




